Les leaders du Front Commun, formé par le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) et le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), se montrent particulièrement discrets.
Des manifestations sans leaders visibles
Ni sur le terrain, ni sur les réseaux sociaux, leurs voix se font rares. Les habitués des messages de mobilisation sont, pour la plupart, silencieux depuis plusieurs jours.
Selon plusieurs sources proches de ces formations politiques, cette réserve serait liée à la surveillance renforcée dont feraient l’objet certains responsables. Des proches estiment que cette stratégie vise à éviter des arrestations préventives ou des représailles politiques, alors que la tension monte autour des manifestations initiées par l’opposition.
Une surveillance policière dissuasive
Le blocus observé dans la nuit du dimanche autour de la résidence de Pascal Affi N’Guessan, président du FPI légal et figure influente du Front Commun, a renforcé les soupçons d’un dispositif policier ciblant les opposants.
Des cadres du PDCI-RDA auraient également fait l’objet de pressions similaires.
Par ailleurs, plusieurs membres du PPA-CI, dont Damana Pickass, avaient déjà été convoqués par la justice avant même l’annonce des marches. Le procureur leur aurait clairement indiqué qu’en cas de troubles à l’ordre public, ils seraient tenus pour responsables.
Cette mise en garde semble avoir produit un effet dissuasif sur la communication et les déplacements des principaux leaders.
Une contestation désormais portée par la société civile
En l’absence de figures politiques visibles, la mobilisation est désormais conduite par Pulchérie Gbalet, présidente du mouvement Alternative Citoyenne Ivoirienne.
Connue pour son engagement au sein de la société civile, elle a pris la tête des appels à la protestation, multipliant les messages sur les réseaux sociaux pour dénoncer la répression et encourager les manifestants.
Du côté du PPA-CI, c’est Me Habiba Touré, conseillère de l’ancien président Laurent Gbagbo, qui s’exprime officiellement. Dans une déclaration lue ce mardi au nom du Front Commun, elle a condamné « la répression des marches pacifiques » et pointé la responsabilité du gouvernement dans « les tensions observées sur le terrain ».
Face à la montée des tensions politiques, les deux principales forces de l’opposition semblent avoir opté pour une présence prudente, privilégiant la communication institutionnelle à l’exposition publique.
Une stratégie qui pourrait préserver leurs leaders à court terme, mais qui interroge sur la capacité du Front Commun à maintenir la mobilisation de ses militants sans figures de proue visibles.
E. Kuyo