Depuis dimanche 7 décembre, le Bénin est secoué par un coup d’État mené par un groupe de militaires sous la direction du lieutenant-colonel Tigri Pascal. Les putschistes affirment vouloir rétablir l’ordre constitutionnel et rendre la souveraineté au peuple béninois. Dès les premières heures de la mutinerie, l’officier a multiplié les déclarations à la télévision nationale, exhortant la population à descendre massivement dans les rues.

Tensions nocturnes dans plusieurs localités
Dans la nuit du 7 au 8 décembre, les habitants du Bénin, en particulier ceux de Cotonou, ont vécu une nuit d’insomnie marquée par de fortes tensions. Des coups de feu ont été signalés dans plusieurs localités, alimentant la peur et l’incertitude.
Quelques heures après la revendication du putsch, la CEDEAO a annoncé son intention de déployer une force régionale destinée à rétablir le président Patrice Talon dans ses fonctions.
Face au refus des mutins d’obtempérer, l’organisation ouest-africaine a activé des contingents issus de plusieurs États membres, notamment la Côte d’Ivoire, le Nigeria, la Sierra Leone et le Ghana. D'ailleurs, selon certaines sources, ils auraient remarqué l'ingérence de forces occidentales particulièrement les forces françaises. Malgré cette pression, aucune avancée décisive n’a été enregistrée pour reprendre le contrôle du pays.

Aucun camp ne contrôle l’appareil d’État
Selon plusieurs sources, la situation reste confuse. En ce lundi 8 décembre 2025, aucun des deux camps, ni le président Patrice Talon et son gouvernement, ni les putschistes conduits par le lieutenant-colonel Tigri Pascal, ne semble détenir un contrôle effectif de l’appareil d’État.
Les soutiens annoncés par la CEDEAO, rejoints par des forces françaises en appui, n’ont pour l’heure pas rétabli l’avantage du pouvoir en place.
Des échanges de tirs et des libérations
Les échanges de tirs se poursuivent dans plusieurs localités du pays. Deux hauts responsables militaires proches du pouvoir, capturés plus tôt par les mutins, ont été relâchés dans la journée : le général Abou Issa, chef d’état-major de l’armée de terre, et le colonel Faizou Gomina, chef d’état-major de la Garde nationale.
Plusieurs de ces officiers auraient perdu des proches dans les affrontements qui se sont intensifiés au fil des heures.

Entre la détermination des putschistes, la résistance du pouvoir en place et la mobilisation de la CEDEAO, le Bénin se retrouve aujourd’hui face à un tournant critique. L’issue demeure incertaine, tandis que la population attend, dans la crainte et l’espoir mêlés, de savoir qui reprendra finalement les rênes du pays.
E. Kuyo