dernières nouvelles
__temp__ __location__
Block Top
Bondoukou : polémique autour de la purge des droits coutumiers du futur CHU, une famille dénonce des irrégularités

Bondoukou : polémique autour de la purge des droits coutumiers du futur CHU, une famille dénonce des irrégularités

A Bondoukou, la procédure de purge des droits coutumiers liée à la construction du futur Centre hospitalier universitaire (CHU) ravive un conflit foncier ancien. La famille Traoré accuse certaines autorités locales d’avoir favorisé le retrait des fonds alors que le litige opposant trois parties n’est pas définitivement tranché.

Alors que la Côte d’Ivoire peine encore à maîtriser les conflits liés au foncier, un nouvel épisode secoue la ville de Bondoukou. Depuis 2022, une parcelle de 353 hectares oppose la famille Traoré du quartier Djiminisso, la famille Broum et la chefferie traditionnelle du village de Sanguéhi.

Un projet hospitalier stratégique pour le Zanzan sur fond de tensions coutumières

Une partie de cette superficie doit accueillir le futur CHU de Bondoukou ainsi que des antennes régionales de l’Institut National des Agents de Santé (INFAS) et de l’Institut de la Formation Sociale (INFS). Financé à hauteur de 35 milliards de francs CFA dans le cadre du contrat C2D Santé, le projet est perçu comme un levier majeur pour le renforcement du plateau technique sanitaire dans le district autonome du Zanzan.

Mais l’annonce de la purge des droits coutumiers a ravivé les tensions entre les différentes parties.

La remise des fonds contestée

Le 13 janvier 2026, le préfet de Bondoukou, Kouadio Gbongbo André, procédait à la remise de deux bordereaux de virement au chef du village de Sanguéhi. Le premier, d’un montant de 233 millions de francs CFA, concernait la purge des droits coutumiers des propriétaires terriens. Le second, estimé à plus de 26 millions de francs CFA, était destiné à indemniser les producteurs agricoles impactés par le projet.

Or, selon le journaliste Joseph Assalé, correspondant régional de la Radio de la Paix et porte-parole de la famille Traoré, cette opération intervient alors que le contentieux foncier n’est pas vidé.

Il affirme qu’un compte séquestre aurait été annoncé pour sécuriser les fonds en attendant un accord entre les parties. Toutefois, il soutient que les 233 millions de francs CFA auraient finalement été retirés par Koffi Boitini, chef de la famille Broum, malgré la persistance du différend.

Des décisions contestées et des zones d’ombre

Selon Joseph Assalé, le préfet aurait indiqué s’appuyer sur des documents établissant la propriété de la famille Broum sur la terre litigieuse. Une affirmation que la famille Traoré conteste, réclamant la communication officielle de ces pièces.

Le journaliste s’interroge notamment sur l’origine de ces documents et sur le rôle des précédentes autorités administratives dans la gestion du dossier. Il relève également que le roi des Brong a été sollicité en juillet 2025 pour arbitrer le conflit, ce qui, selon lui, démontre que le litige n’était pas clos.

Des décisions rendues par le tribunal coutumier du royaume Brong à Amanvi sont également au cœur des débats. La famille Traoré affirme ne pas avoir été associée à certaines procédures ayant abouti à la désignation de la famille Broum comme propriétaire terrien.

Accusations et procédures judiciaires

Le porte-parole de la famille Traoré évoque un possible « deal » orchestré en leur absence et affirme avoir saisi le procureur de la République afin de bloquer le virement lié à la purge des droits coutumiers. Selon ses déclarations, les fonds auraient néanmoins été retirés.

Par ailleurs, une plainte pour destruction volontaire de 32 hectares de champs d’anacardiers a été déposée contre le chef du village de Sanguéhi et l’un de ses notables. L’affaire, enregistrée en mars 2025 par la gendarmerie, a été transmise au parquet en décembre dernier. Le procès est toujours attendu.

La famille Traoré précise ne pas revendiquer l’intégralité des 353 hectares en litige, mais réclame un peu plus de 90 hectares qu’elle considère comme héritage ancestral.

Un projet sanitaire jugé prioritaire

Malgré la controverse, Joseph Assalé assure que le projet de CHU n’est pas menacé. Il rappelle l’importance stratégique de cette infrastructure pour la région, qui permettra de limiter les évacuations sanitaires vers Abengourou, Adzopé ou Abidjan.

Selon lui, la question foncière doit être clarifiée afin de préserver la cohésion sociale et d’éviter toute crispation durable entre les communautés locales.

En attendant la tenue des audiences judiciaires et d’éventuelles clarifications administratives, le climat reste tendu à Bondoukou. Si la construction du futur CHU suscite l’espoir des populations, la résolution du conflit foncier apparaît désormais comme un préalable essentiel à l’apaisement durable dans la région du Gontougo.

Demostaine DJE.

 

D. Démostaine
D. Démostaine

Démostaine est Journaliste Reporter Images (JRI). Avec plusieurs années d’expériences dans le domaine de la communication et des médias, il s’engage à fournir une information fiable, vérifiée et accessible à tous. Passionné par l’écriture et le reportage de terrain, Démostaine a collaboré à divers projets. Contact : (+225) 07 58 90 42 43

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

🍪 Gestion des cookies. Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience, personnaliser le contenu, mesurer l’audience et diffuser des publicités adaptées. En cliquant sur "Accepter les Cookies", vous consentez à l’utilisation de ces cookies. Vous pouvez modifier vos préférences à tout moment dans notre Gestionnaire de cookies ou consulter notre Politique de confidentialité.