le ministre-maire Amadou Koné a annoncé un renforcement du dispositif sécuritaire et le lancement, dès septembre, d’une vaste campagne de lutte contre la drogue.
La sécurité s’est imposée comme l’un des principaux sujets de la troisième session ordinaire du Conseil municipal de Bouaké. À l’ouverture des travaux, le ministre-maire Amadou Koné a fait part de sa préoccupation face à l’évolution de la situation sécuritaire dans la capitale du Gbêkê. « Bouaké a commencé à faire peur à cause d’une montée de l’insécurité », a-t-il déclaré, évoquant également la prolifération de la drogue et des stupéfiants, qu’il considère comme une menace pour la jeunesse.
Des infrastructures et des moyens supplémentaires pour la sécurité
Pour inverser cette tendance, la municipalité entend renforcer sa collaboration avec la Police nationale et la Gendarmerie nationale. Parmi les mesures annoncées figurent l’accélération des travaux du commissariat de la zone industrielle ainsi que la mise en place de postes supplémentaires de police dans les quartiers de Sokoura et Dar Es Salam. La Police municipale devrait également voir ses moyens renforcés afin de mieux appuyer les forces nationales dans les opérations de sécurisation et de maintien de l’ordre. À cette stratégie sécuritaire s’ajoute une offensive contre la consommation et le trafic de stupéfiants. « Nous lançons à partir de septembre une vaste campagne de lutte contre la drogue », a annoncé Amadou Koné.
Selon le ministre-maire, une opération de démantèlement des fumoirs est déjà engagée dans la ville. La municipalité envisage par ailleurs la création d’une infrastructure destinée à la prise en charge et à la désintoxication des personnes victimes d’addiction.
63 morts sur les routes depuis janvier
La sécurité routière constitue également un autre point de préoccupation pour les autorités municipales. Du 1er janvier au 19 août 2026, 675 accidents de la circulation ont été enregistrés à Bouaké. Ces accidents impliquent notamment 293 motos et 46 tricycles et ont occasionné 63 décès. « 63 morts depuis le début de l’année à Bouaké du fait des accidents de la route », a déploré le ministre-maire. Pour réduire ces statistiques, une stratégie combinant sensibilisation et répression est menée en collaboration avec le ministère en charge de la sécurité routière et la Direction régionale des transports.
L’accès à l’eau potable toujours sous surveillance
Les difficultés d’approvisionnement en eau potable dans plusieurs quartiers de la ville ont également été au cœur des échanges. Les zones de Maroc, Dar Es Salam, Belleville et Zone sont notamment confrontées à des problèmes d’alimentation en eau. Face à cette situation, la mairie annonce des dispositions prises avec l’appui de l’État pour améliorer la desserte des populations. Le renforcement des capacités opérationnelles de l’Office national de l’eau potable (ONEP) figure parmi les solutions envisagées.
L’autonomisation économique constitue un autre axe du programme municipal. Deux enveloppes de 150 millions de francs CFA chacune sont prévues dans le programme triennal. La première doit servir à accompagner les projets portés par les jeunes, tandis que la seconde sera consacrée au soutien à l’autonomisation des femmes. Pour la municipalité, ces investissements doivent contribuer à renforcer l’insertion économique des populations et à créer davantage d’opportunités au niveau local.

Les recettes municipales en hausse
Sur le plan financier, la municipalité annonce également une progression de ses recettes. Selon le ministre-maire, celles-ci ont augmenté de 16 %, même si plusieurs difficultés persistent en matière de mobilisation des ressources. Le septième adjoint au maire, Fofana Mélombé, a précisé que le niveau de recouvrement avait atteint 62 % des objectifs après six mois, avant de progresser à environ 70 %. Pour améliorer davantage les recettes propres de la commune, la mairie prévoit de renforcer la digitalisation et le recouvrement des taxes municipales à partir de 2027.
Dans le volet gouvernance, Amadou Koné a annoncé la création, en octobre, d’une assemblée citoyenne. Cette nouvelle instance devrait réunir des représentants des quartiers, de la diaspora nationale et internationale ainsi que des acteurs des secteurs socio-économique, culturel et sportif. Elle devrait notamment contribuer à la valorisation de la culture locale et participer aux réflexions relatives à l’allocation de 20 % du budget d’investissement, sous réserve de l’approbation du Conseil municipal.
Plusieurs chantiers annoncés pour les prochains mois
La session a également permis de faire le point sur plusieurs projets d’infrastructures dans la commune. Les travaux du Grand marché de Bouaké sont annoncés pour un achèvement en octobre. L’usine de transformation de noix de cajou de Kongodékro est, quant à elle, annoncée comme devant être opérationnelle prochainement.
La municipalité annonce également l’ouverture de l’École normale supérieure de Bouaké cette année, tandis que les travaux de la place Alassane Ouattara et de la piscine municipale doivent reprendre.
Concernant la future zone industrielle, les études menées par le Bureau national d’études techniques et de développement (BNED) sont présentées comme quasiment achevées.
Pour Amadou Koné, l'ensemble de ces projets participe d'une même ambition : faire de Bouaké une ville plus moderne et attractive. « Notre ambition est claire : continuer de faire de Bouaké une ville moderne, attractive, dynamique », a-t-il déclaré, estimant que le développement de ces infrastructures devrait contribuer à la création de plusieurs milliers d’emplois, notamment au profit des jeunes.
Cette troisième session ordinaire a enregistré la participation de plusieurs composantes de la population, notamment des notables, responsables de quartiers, chefs de communautés, femmes et jeunes.
À travers ces échanges, la municipalité entend inscrire son action dans une démarche de dialogue avec les populations. Une orientation résumée par le ministre-maire lors de son allocution d’ouverture : « le développement de Bouaké est l’affaire de tous ».
E.K