Réuni ce samedi 29 novembre au Centre d’excellence de la CAF à Mbankomo, le congrès électif de la Fédération camerounaise de football a reconduit Samuel Eto’o pour un second mandat de quatre ans. Seul candidat en lice, l’ancien buteur des Lions indomptables a obtenu 85 voix sur 87, confirmant un plébiscite interne.
Cette réélection marque un retour rare dans l’institution, aucun président n’ayant été confirmé pour un second mandat depuis l’ère Mohammed Iya, entre 2000 et 2013.

Des tensions persistantes avec le ministère des Sports
Si le résultat ne surprend guère, il s’inscrit dans un climat institutionnel particulièrement tendu. Le ministère des Sports avait en effet demandé l’annulation du scrutin, dénonçant des irrégularités et un cadre légal non respecté.
Ces frictions s’ajoutent à quatre années ponctuées de conflits internes et de divergences sur la gestion des clubs et des compétitions nationales, autant d’éléments qui fragilisent l’environnement dans lequel Eto’o entame ce nouveau mandat.
Bien que son premier mandat ait été marqué par des critiques, Eto’o conserve l’appui de certaines figures majeures du football. Rigobert Song, ancien sélectionneur, lui a publiquement adressé ses félicitations en appelant à lui laisser les mains libres : « C’est la personne idéale pour diriger la Fédération », a-t-il assuré.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a également salué sa reconduction par un appel personnel.

La rue gronde : colère et frustrations d’une partie des camerounais
À l’extérieur du Centre d’excellence, plusieurs acteurs du football camerounais ont fait entendre leur mécontentement.
Munis de pancartes, ils ont dénoncé « quatre ans de gabegie » et une gouvernance jugée opaque. Les suspensions de clubs, perçues comme arbitraires, et l’exclusion de certains dirigeants ont nourri la mobilisation.
Ces revendications rejoignent les inquiétudes exprimées par le ministère des Sports concernant la gestion interne de la Fecafoot.
Conscient des défis qui l’attendent, Samuel Eto’o a d’ores et déjà annoncé ses priorités : renforcer les championnats locaux et restaurer l’image d’une équipe nationale ébranlée par la non-qualification au Mondial 2026 — une première depuis des décennies.
« Nous devons tirer les leçons de cet échec et préparer la CAN avec ambition », a-t-il déclaré devant les délégués, appelant à un sursaut collectif.
Alors que la CAN 2025 se profile, Samuel Eto’o aborde son nouveau mandat entre soutien institutionnel, défiance populaire et attentes immenses. Les prochains mois diront si la Fecafoot parvient, avec lui, à renouer avec la stabilité et la performance, ou si les fractures actuelles s’accentueront au cœur du football camerounais.
E. Kuyo