Le 23 juillet, Ahoua Don Mello a déclaré officiellement sa volonté de se présenter à la présidentielle. Selon lui, cette décision est une "candidature de précaution", dans l’éventualité où Laurent Gbagbo, radié de la liste électorale, ne pourrait finalement pas se présenter. L’objectif affiché est clair : éviter que la gauche ne soit absente du scrutin, ce qui profiterait aux adversaires politiques.
Une initiative controversée au sein du PPA-CI
Cependant, cette démarche ne fait pas l’unanimité dans son propre camp. Deux de ses partisans ont été évincés des instances dirigeantes du parti, signe de désaccord profond. Dans une lettre adressée à Laurent Gbagbo le 11 juillet, Don Mello proposait que plusieurs cadres du PPA-CI déposent eux aussi des candidatures, toujours dans une logique de précaution.
Mais cette proposition a été fermement rejetée par le président exécutif du PPA-CI, Sébastien Dano Djédjé, qui y voit une manœuvre pour détourner l’attention de l’absence de candidat officiel dans le camp présidentiel (RHDP). Le parti a aussi exprimé des doutes sur l’origine de cette lettre, parlant d’une fuite non autorisée et contraire aux procédures internes.
Une fracture visible à gauche
Cette situation met en lumière les divisions internes du PPA-CI, à l’approche d’un scrutin décisif. Avec Laurent Gbagbo écarté du processus électoral et aucun candidat déclaré du RHDP, la candidature de Don Mello pourrait repositionner la gauche sur l’échiquier politique. Mais pour rester crédible, il devra réunir le parrainage citoyen nécessaire avant le 26 août et prouver sa capacité à rassembler au sein même de son parti.
Dans un contexte de forte incertitude, la gauche ivoirienne semble plus divisée que jamais, à un moment où l’unité aurait pu être son principal atout.
Souleymane K. pour Lewi 24