Face aux conséquences de l’orpaillage illégal, les autorités administratives entendent renforcer la mobilisation des communautés. La rencontre a réuni des chefs traditionnels, des propriétaires terriens et des présidents de jeunesse issus de six localités pratiquantes encore cette activité. Les localités concernées sont N’Dénou, Sotikro, Angankro, Akourou Kouadiokro, Sandrékro et Godokro.

Cette rencontre visait à informer les participants sur les dangers de l’orpaillage clandestin, à rappeler les règles encadrant cette activité et à encourager la vigilance ainsi que le signalement des pratiques illégales.
Prenant la parole, Detto Marcelin Kouassi a insisté sur les menaces que représente cette pratique pour l’environnement, la sécurité des populations et la cohésion sociale. Il a notamment évoqué la pollution des cours d’eau, la dégradation des terres cultivables et les risques auxquels les jeunes sont exposés.
Pour le sous-préfet, les responsabilités sont partagées entre les autorités et les communautés. Il a ainsi invité les propriétaires terriens à faire preuve de vigilance face à l’exploitation de leurs parcelles et les populations à signaler les activités clandestines. « La prévention est une responsabilité collective. Mais le respect de la loi est une obligation pour tous », a-t-il rappelé.
L’autorité administrative a également précisé que l’exploitation artisanale de l’or n’était pas interdite en soi, mais qu’elle devait s’exercer dans le respect des dispositions réglementaires. À cet effet, il a encouragé les personnes intéressées à se constituer en coopératives et à entreprendre les démarches nécessaires auprès des services compétents.

Un suivi renforcé des sites clandestins
La rencontre a également été marquée par une présentation vidéo consacrée aux dangers de l’orpaillage illégal, animée par Ahi Tigori François, directeur régional des Mines et de la Géologie de Bouaké.
Ce dernier a expliqué que les services compétents assuraient le suivi des sites ayant fait l’objet d’opérations de déguerpissement afin d’éviter leur réoccupation. Il a également souligné l’importance des informations recueillies sur le terrain et des dénonciations dans l’identification de nouveaux sites.
Selon lui, la lutte contre cette activité nécessite une collaboration entre les communautés, les forces de sécurité et l’administration territoriale. Il a exhorté les populations à transmettre aux autorités toute information susceptible de contribuer à l’arrêt des activités minières clandestines.
« Pas de terre, pas d’activité illicite, et pas de complicité non plus », a-t-il insisté, mettant en avant la responsabilité des propriétaires terriens dans la prévention de l’orpaillage illégal.

Préserver les terres pour les générations futures
Au nom des chefs traditionnels, Nanan Kouassi, porte-parole des chefs et représentant de sa Majesté Nanan N’Goran Koffi II, chef de canton Faarfoué, a exprimé son inquiétude face aux conséquences de l’orpaillage illégal sur les terres agricoles.
« La terre aujourd’hui, chez nous, c’est notre banque », a-t-il déclaré, rappelant que les terres permettent aux familles de se nourrir et d’assurer la scolarisation de leurs enfants.
Il a ainsi appelé à la préservation de ce patrimoine au profit des générations futures.
À travers cette rencontre, les autorités administratives et les représentants des communautés ont été invités à renforcer leur engagement afin de préserver les ressources naturelles et de contribuer à l’éradication de l’orpaillage illégal dans la sous-préfecture de Bouaké.
Démostaine et E.K