Une contestation ouverte contre le Conseil constitutionnel
Réunie en session extraordinaire le 13 septembre 2025, la PEC-CI a exprimé sa « profonde indignation » face à la décision rendue le 8 septembre par le Conseil constitutionnel. Pour son président, Rémi Yao Ebrin, la validation de la candidature d’Alassane Ouattara équivaut à un « quatrième mandat illégal, illégitime et anticonstitutionnel », en contradiction avec les articles 55 et 183 de la Constitution.
La plateforme déplore également que la haute juridiction, présidée par Chantal Camara, ait ignoré la question de la double nationalité présumée du chef de l’État, soulevée par le Mouvement ANG. Selon elle, ce silence accentue la méfiance et ravive les tensions politiques déjà présentes depuis le précédent scrutin de 2020.
Parrainages et liste électorale au cœur des critiques
La PEC-CI s’interroge par ailleurs sur la disqualification de plusieurs candidats, dont l’ancien président Laurent Gbagbo, jugée incohérente au regard de son poids politique. Elle estime que le délai légal de 48 heures pour remplacer les parrainages annulés n’a pas été respecté, compromettant l’équité du processus.
Sur la question de la liste électorale, la plateforme reproche à la CEI d’avoir refusé toute révision avant le scrutin, privant ainsi, selon elle, des milliers de citoyens de leur droit de vote. Elle regrette que le Conseil constitutionnel ait choisi de « se retrancher derrière la CEI » plutôt que d’exercer pleinement son pouvoir de contrôle.
Appel à un report et à un dialogue inclusif
Face à ce qu’elle qualifie de « décision impopulaire », la PEC-CI redoute une détérioration du climat sociopolitique. Elle exige la démission des membres du Conseil constitutionnel, la dissolution de la CEI et la reprise intégrale du processus électoral.
L’organisation plaide pour un report technique de trois mois du scrutin présidentiel, et invite toutes les parties – pouvoir, opposition et société civile – à engager un dialogue inclusif pour garantir une élection apaisée et crédible.
Pour la PEC-CI, l’enjeu dépasse la simple bataille électorale : il s’agit de préserver la paix et de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions. « Les Ivoiriens ont besoin d’alternance pacifique, pas d’élections taillées sur mesure », a conclu son président, Rémi Yao Ebrin.
K. Alphonse