Organisé par les fils et filles de la région, le festival ambitionne de favoriser un retour aux sources et de renforcer l’ancrage des Africains à leur identité culturelle. « L’objectif est de permettre aux Africains de renouer avec leur identité, leur colonne vertébrale » ont souligné les organisateurs.
Un festival entre patrimoine, réflexion et transmission
Au-delà de son caractère festif, le FATA s’est voulu un espace de réflexion sur les valeurs culturelles africaines. Des stands médicaux ont été installés pour les participants, tandis que des groupes de danses et de chants traditionnels baoulé, des masques ainsi que des expositions de pagnes et de bijoux akan ont animé la journée.

Dans son allocution, le commissaire général du festival, Djéka Kouadjo Jean-Baptiste Arsène, a insisté sur la nécessité de préserver les us et coutumes africains face aux mutations du monde contemporain. Selon lui, le FATA ne doit pas être réduit à un simple folklore, mais constituer un véritable cadre de réflexion scientifique et culturelle. « Nous avons parcouru les villages de Sakassou pour échanger avec les populations et rappeler que ce festival comporte aussi un volet scientifique et un volet de réflexion sur notre identité », a-t-il déclaré.
Le commissaire général a également annoncé le lancement prochain des travaux du Centre culturel FATA et de l’Académie Waoulé, deux structures destinées à la sauvegarde et à la transmission du patrimoine culturel akan.
L’immersion culturelle comme retour aux racines
Expliquant le choix du thème, Djéka Kouadjo Jean-Baptiste Arsène a indiqué que cette quatrième édition marque une volonté de reconnexion avec les villages et les détenteurs des traditions. « La force du caïman, c’est son eau. Pour que le FATA perdure dans le temps, il fallait retourner vers ceux qui sont les dépositaires de ce trésor culturel », a-t-il affirmé.
Il a plaidé pour un investissement accru dans la culture africaine et la création de véritables institutions de conservation du patrimoine, estimant que le développement du continent ne peut se faire sans une valorisation de ses propres références culturelles.
Les autorités saluent l’initiative
Présent à la cérémonie, Nanan Kouassi N’Dré, représentant du roi auprès de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels, s’est réjoui de l’engouement autour du festival. « C’est une très bonne initiative. Sakassou est le berceau de la culture baoulé. Toute la population doit s’impliquer dans ce festival afin qu’il grandisse davantage », a-t-il déclaré.

De son côté, N’Guessan Toussaint, représentant la directrice régionale de la Culture et de la Francophonie de Gbêkê, Bagayoko Maïmouna, a souligné que le thème de l’immersion culturelle rejoint pleinement les missions du ministère de la Culture. « S’immerger dans la culture akan, ce n’est pas seulement admirer des danses ou des parures ; c’est revenir aux valeurs fondamentales de respect, de solidarité et de cohésion sociale », a-t-il indiqué.
Il a également salué les efforts du comité d’organisation, estimant que le FATA s’impose désormais comme un rendez-vous culturel majeur de la région de Gbêkê.
Un concert de clôture aux couleurs du terroir
La cérémonie s’est achevée dans une ambiance festive avec un concert de l’artiste Kadjeem, fils de la région, accompagné d’autres artistes invités.
Cette quatrième édition du Festival des Arts et Traditions d’Akan aura ainsi conjugué célébration du patrimoine, réflexion identitaire et perspectives de transmission, avec l’annonce de la création du Centre culturel FATA, présenté comme un futur pôle de sauvegarde de la conscience négro-africaine.
D.D et E.K