d’entente avec les populations locales autour des questions foncières liées au projet.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les tensions se sont accentuées après l’interpellation d’un jeune homme présenté comme Hyppolite N’Guessan au cours des échanges entre les autorités administratives et les habitants. Cette arrestation supposée aurait rapidement provoqué la colère d’une partie de la population.
Un projet contesté par les propriétaires terriens
Depuis plusieurs semaines, le projet de plateforme économique du PK 108 suscite de vives contestations dans les localités concernées. En cause notamment, le montant de la purge des droits coutumiers fixé à 1 000 francs CFA le mètre carré, jugé insuffisant par plusieurs propriétaires terriens.
C’est dans ce climat déjà tendu que Pierre Dimba, également président du Conseil régional de l’Agneby-Tiassa, s’était rendu à Bôdô pour tenter de rassurer les populations et favoriser un dialogue autour du projet.
Mais la situation a dégénéré après la propagation de rumeurs faisant état de l’arrestation du jeune Hyppolite N’Guessan. Des habitants se sont alors dirigés vers la résidence du chef du village, lieu de la rencontre, pour réclamer sa libération.
Des dégâts matériels importants et plusieurs blessés
Face à une foule devenue de plus en plus hostile, les forces de sécurité ont dû intervenir afin de sécuriser les autorités présentes sur les lieux et procéder à l’évacuation du ministre ainsi que de sa délégation.
Cette délégation comprenait notamment des responsables administratifs, parmi lesquels le préfet de région et le préfet du département de Tiassalé.
Au cours des affrontements, plusieurs véhicules administratifs ont été pris pour cible et caillassés. La résidence du chef du village a été incendiée, de même que son véhicule personnel. Un autre véhicule appartenant à un habitant ainsi qu’un débit de boisson ont également été détruits par les flammes. Des sources sécuritaires font état de deux gendarmes blessés durant les violences.
Une vaste opération sécuritaire déclenchée
À la suite des incidents, les forces de l’ordre ont lancé une opération de ratissage dans le village. Plus d’une cinquantaine de personnes ont été interpellées puis placées en garde à vue à la brigade territoriale de gendarmerie de Tiassalé.
Le lendemain des affrontements, Bôdô présentait l’image d’une localité désertée par une partie de ses habitants. Plusieurs familles auraient quitté le village par crainte de représailles, tandis qu’un important dispositif sécuritaire demeurait déployé sur place.
Un appel à l’assistance des populations vulnérables
En visite dans la localité, le maire de N’Douci a plaidé pour la mise en place d’un couloir humanitaire destiné à permettre aux personnes vulnérables d’avoir accès aux produits de première nécessité.
Le chef des opérations de sécurisation, Ouattara Sié, a indiqué que cette demande serait transmise à la hiérarchie militaire. Il a précisé que les forces de sécurité avaient reçu pour mission de conduire une opération de « pacification » du village sur une période pouvant aller de 72 heures à une semaine.
Selon lui, les violences enregistrées à Bôdô restent d’une particulière gravité. « Il est inconcevable que des citoyens s’en prennent à un ministre de la République ainsi qu’aux représentants de l’administration préfectorale », a-t-il déclaré.
À Bôdô, les stigmates des violences demeuraient encore visibles après les affrontements : habitations endommagées, traces d’incendies et douilles de grenades lacrymogènes témoignaient de l’ampleur des tensions survenues dans cette localité de l’Agneby-Tiassa.
E.K